Communiqué de presse du 28/11/2016

Un Milan royal tiré en Lozère

Le 11 novembre, un Milan royal fut retrouvé blessé à proximité de Sainte-Lucie sur la commune de Saint-Léger-de-Peyre. Une radiographie a malheureusement révélé la présence de 5 plombs de chasse. L'oiseau fut acheminé jusqu'au Centre de Sauvegarde de la Faune Sauvage de Millau avec un pronostic vital engagé.

Comme tous les rapaces, le Milan royal est une espèce protégée par la loi française. Il bénéficie d'un Plan National d'Action gouvernemental pour tenter d'enrayer un déclin fort ces dernières décennies, l'espèce ayant disparu de nombreuses régions et régressé là où il est encore présent.

En Lozère, où cette espèce est bien représentée (hormis les Cévennes), ce sont en moyenne 2 à 3 milans par an qui sont retrouvés morts. Et combien de cadavres non retrouvés ? Ceux qui ont pu être analysés avaient été empoisonnés par des produits illicites (strychnine, chloralose, carbofuran...). Concernant les autres cadavres, il faut signaler un oiseau porteur d'une balise et originaire de Suisse dont la cause de mortalité n'a pu être établie avec certitude.

Les études du régime alimentaire ont toutes démontré que le Milan royal se nourrissait principalement de petits rongeurs, d'invertébrés, parfois d'oiseaux comme des jeunes corvidés, et qu'il ne dédaignait pas les charognes. Sa présence en Lozère est donc une chance pour l'équilibre des chaînes alimentaires sans parler de l'impact qu'il a sur les populations de campagnols terrestres, ces derniers étant susceptibles de causer des dégâts dans les champs lorsque ses densités sont très importantes. Lors de la dernière pullulation de "rats-taupiers" dans le nord de la Lozère, une analyse des pelotes de réjection récoltées sous un dortoir par des bénévoles de l'ALEPE a une nouvelle fois confirmé cette consommation presque exclusive de petits rongeurs quand ces derniers sont abondants. Le Milan royal est un rapace très facilement reconnaissable (envergure d'1,45 à 1,65 m., queue rousse nettement fourchue, présence de roux-orangé sur le dessous du corps, vol lent à basse altitude). Il est peu farouche et cherche sa pitance parfois près des habitations. 

Cet acte de destruction avec arme à feu est donc volontaire, irresponsable et hautement condamnable rappelant les temps obscurs de la destruction inepte des rapaces. Un tel acte est inadmissible et incompréhensible en 2016, de surcroît sur une espèce déjà bien impactée par l'usage, dans les jardins et en plein champs, de produits toxiques.

Une plainte est déposée auprès des services de l'Etat.